
Lorsqu’un investisseur décède, la transmission de son patrimoine immobilier peut poser de nombreuses questions, notamment lorsqu’il s’agit de parts de Société Civile de Placement Immobilier (SCPI). La SCPI, souvent plébiscitée pour sa capacité à permettre aux particuliers d’investir dans l’immobilier sans les contraintes de la gestion locative, offre des avantages significatifs en matière de rendement et de diversification. Mais qu’advient-il de ces parts de SCPI en cas de décès de l’investisseur ? Réponses à travers notre article.
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Lorsqu’un investisseur en SCPI décède, les parts qu’il détenait ne sont pas automatiquement revendues, mais elles intègrent son patrimoine successoral. Elles sont alors transmises aux héritiers selon les dispositions testamentaires ou, en l’absence de testament, selon les règles légales de succession :
Les héritiers deviennent alors propriétaires des parts et peuvent choisir de les conserver pour continuer à percevoir les revenus générés, ou de les vendre selon leurs besoins et stratégies d’investissement.
Les parts de SCPI sont soumises aux droits de succession, calculés en fonction du patrimoine du défunt et du degré de filiation des héritiers. Ces droits sont calculés de manière progressive, c’est-à-dire que le taux d’imposition augmente avec la valeur du patrimoine transmis, et ils varient en fonction du degré de parenté entre le défunt et les héritiers.
Voici quel est le barème des droits de succession actuel pour les héritiers en ligne directe (enfants, parents).
Les héritiers peuvent également bénéficier d’abattements, c’est-à-dire de montants exonérés de droits de succession. Ces abattements varient selon le lien de parenté, comme le montre le tableau ci-dessous.
Le calcul des droits de succession se fait en plusieurs étapes :
Prenons un exemple concret. Supposons qu’un défunt laisse à son enfant une valeur totale de parts de SCPI de 200 000 €.
Notez, en revanche, que si les parts de SCPI ont été acquises sous un régime fiscal avantageux, comme la loi Pinel, les avantages fiscaux obtenus ne sont pas remis en cause même si le décès survient avant la fin de la période d’engagement.
Il est possible d’optimiser la transmission de son patrimoine grâce au démembrement de propriété, notamment avec les parts de SCPI. Le démembrement de propriété consiste à séparer la pleine propriété en deux droits distincts : l’usufruit et la nue-propriété.
L’usufruitier a le droit d’utiliser le bien et d’en percevoir les revenus (par exemple, les dividendes des parts de SCPI) jusqu’à son décès. Le nu-propriétaire détient le bien, mais ne peut ni l’utiliser ni en percevoir les revenus tant que l’usufruit n’a pas expiré. À la fin de l’usufruit, le nu-propriétaire récupère la pleine propriété sans frais supplémentaires.
Le démembrement de propriété peut offrir plusieurs avantages fiscaux, notamment en matière de droits de succession. En effet, lors de la transmission de la nue-propriété, les droits de donation ou de succession sont calculés sur la valeur de la nue-propriété et non sur la pleine propriété.
La valeur de la nue-propriété dépend de l’âge de l’usufruitier selon un barème fiscal prédéfini. Plus l’usufruitier est jeune, plus la valeur de la nue-propriété est faible, réduisant ainsi les droits de succession :
Notez que s’il s’agit d’un démembrement temporaire, la valeur de l’usufruit temporaire est estimée à 23 % de la valeur en pleine propriété par période de 10 ans.
Voici comment cela fonctionne, plus concrètement :
Supposons que monsieur Dupont, âgé de 65 ans, possède des parts de SCPI d’une valeur de 200 000 € et souhaite en transmettre la nue-propriété à son fils.
Le démembrement permet non seulement de réduire les droits de succession, mais aussi de préparer la transmission de son patrimoine de manière anticipée, tout en conservant l’usufruit et les revenus générés par les parts de SCPI. C’est une stratégie efficace pour optimiser la gestion de son patrimoine et alléger la charge fiscale pour les héritiers.

Oui, les héritiers peuvent décider de vendre immédiatement les parts de SCPI qu'ils ont reçues en héritage. Cependant, il est important de prendre en compte les éventuels frais de cession et les délais de vente, qui peuvent varier en fonction de la liquidité des parts et des conditions du marché immobilier.
Pour déclarer des parts de SCPI dans une succession, les héritiers doivent suivre plusieurs étapes :
Il est souvent conseillé de se faire accompagner par un notaire pour plus de facilité et des conseils adaptés.
