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Acheter en viager est une méthode d’acquisition d’un bien immobilier qui repose sur un facteur aléatoire, la mort du vendeur. L’acheteur (débirentier) paie un bouquet au vendeur (crédirentier) au moment de l’acquisition. Ce bouquet représente une fraction du prix de vente, puis l’acquéreur s’engage à verser une rente au vendeur jusqu’à sa mort.
Même si le viager a longtemps été tabou et plutôt mal vu, il s’agit d’un investissement immobilier à part entière et les deux partis y trouvent leur compte : l’acquéreur se construit un patrimoine tout en souplesse et au meilleur prix tandis que le vendeur retraité y trouve un complément de revenus intéressant.
Il est aussi possible de vendre en viager en tant que couple et d’établir un contrat au profit des deux conjoints. Ainsi, le versement de la rente ne prend fin qu’au décès du deuxième conjoint. Le contrat peut également prévoir la réversibilité de la rente versée au conjoint survivant.
L’acquéreur devient donc propriétaire du bien le jour de la signature de l’acte de vente, mais il ne peut prendre possession des lieux qu’au moment du décès du vendeur. Avant d’acheter en viager, il faut bien comprendre que la jouissance du bien immobilier varie selon un achat en viager libre ou en viager occupé :
Acheter en viager implique des obligations pour les deux partis, notamment pour l’acheteur du bien. Il doit donc s’acquitter du bouquet et des arrérages (les rentes).
Le calcul du montant du bouquet détermine la somme à verser le jour de l’acquisition. Elle est librement fixée par les parties lors de la vente. Sachez que le bouquet n’est pas obligatoire et n’est donc pas encadré par la loi. Mais généralement, il s’agit de 30 % de la valeur du logement sur le marché.
Le montant de la rente viagère définit les mensualités à verser par l’acheteur, sachant qu’il est calculé par un notaire selon des barèmes qu’il peut vous communiquer si vous hésitez à acheter en viager. L’intervention du notaire permet d’éviter les ventes déséquilibrées et de défendre les intérêts de chaque partie. Pour son calcul, il prend en compte plusieurs facteurs :
Une exception subsiste avec le viager sans rente : le bouquet correspond à la totalité du prix du bien. Cela reste une pratique assez rare puisque contraire à l’esprit initial du viager.
Voici un exemple concret de calcul en viager immobilier pour un bien de 200 000 € avec une valeur locative de 600 € par mois. La vendeuse est une femme de 80 ans.
Le bouquet sera de 60 000 € (30 % de la valeur du bien). La rente sera calculée selon la valeur restante : (valeur du bien sur le marché) – (le bouquet) – (montant des loyers normalement payés par le vendeur). Le montant des loyers normalement payés par le vendeur est égal à : loyers annuels x espérance de vie = (600 € x 12) x 10 ans = 72 000 €.
La valeur restante est donc de 68 000 € (200 000 € – 60 000 € – 72 000 €). Ainsi, la rente versée par le vendeur est calculée sur cette base de valeur restante et sera ici de 840 € mensuellement.
Bien entendu, la longévité du vendeur est un facteur aléatoire qui peut totalement impacter la rentabilité de l’investissement : verser des mensualités pendant 10 ou 25 ans ne représente pas la même sortie d’argent.
Mais au bout du compte, acheter en viager reste intéressant puisque l’investisseur finit par acquérir un bien au prix inférieur de sa valeur réelle. En effet, le prix d’achat est décoté (jusqu’à 50 % !) pour prendre en compte l’occupation du vendeur et le bien immobilier prend de la valeur avec le temps. Donc même si le vendeur vit bien au-delà de l’espérance de vie moyenne, l’acheteur reste généralement gagnant.
Acheter en viager permet de profiter de multiples avantages pour les acquéreurs :
Pour commencer, acheter en viager demande de respecter certaines limites d’âge : en effet, le débirentier doit être majeur et obligatoirement 20 ans plus jeune que le vendeur. Les deux doivent être en bonne santé mentale et physique. Si vous avez moins de 40 ans, alors cette différence d’âge ne posera pas de problème puisqu’il est assez rare de vendre en viager avant 60 ans.
En dehors de cela, il n’y a aucune considération d’âge vis-à-vis de l’acheteur : la rentabilité de l’investissement dépend de la longévité du vendeur seulement. Acheter plusieurs biens en viager permet de diversifier son portefeuille tout en augmentant son patrimoine immobilier sans les soucis de l’investissement locatif ni les besoins de financement élevé des achats immobiliers traditionnels.
Pour les vendeurs aussi l’opération peut se révéler très intéressante ! Un bien vendu en viager permet de bénéficier des avantages suivants :
Il est possible d’acheter en viager à un membre de sa famille, mais il faut être très prudent avec ce genre de montage. En effet, la loi peut considérer qu’une opération immobilière entre des parents et un enfant est une donation déguisée destinée à éviter les frais de succession. Il est donc généralement déconseillé de procéder à une vente en viager à un membre de sa famille, mais il reste possible de le faire avec des précautions : estimation du bien par un professionnel, frères et sœurs garants de la sincérité de la transaction, conservation des preuves de paiement du bouquet et des rentes, etc. Il faut pouvoir tout justifier dans le cadre d’un contrôle fiscal.

Vous devez signer un contrat de vente en viager avec le vendeur, verser le bouquet et les rentes, puis attendre le décès de celui-ci pour prendre possession des lieux.
Vous devez calculer le montant du bouquet et le montant des loyers normalement payés par le vendeur. Vous serez ensuite en mesure de calculer la valeur restante pour estimer la mensualité des rentes.
Vous devez arbitrer la rentabilité de votre investissement selon différents critères :
Tout le monde peut acheter en viager, à condition de respecter la différence d’âge de 20 ans entre l’acheteur et le vendeur.
